Ariège · Occitanie
L'Ariège attire beaucoup de gens qui veulent vivre autrement. J'en fais partie : j'y suis arrivé en 2017 pour cofonder l'écovillage de Pourgues, et j'y vis toujours. Voici ce que j'aurais aimé savoir en arrivant.
De la terre accessible, des montagnes, des villages qui se vident et une longue histoire de gens venus chercher autre chose. Quand on a quitté Paris avec Ramïn Farhangi et Marjorie Bautista, c'est ici qu'on a posé notre projet : cinquante hectares de prairies et de bois, qui sont devenus l'écovillage de Pourgues.
Pendant près de neuf ans, des milliers de personnes sont venues nous voir. Beaucoup rêvaient de s'installer dans le coin. Certaines l'ont fait. Voici ce que j'ai appris sur ce que ça demande.
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Un écolieu, c'est souvent un habitat, une activité, un projet éducatif et un projet social en même temps. Les règles, elles, ont été écrites pour des cases séparées. À Pourgues, on a fini par se voir réclamer, pour quelques chambres d'accueil, les mêmes normes qu'un hôtel. Et un jour, le terrain est passé en zone agricole, ce qui l'a rendu presque invendable.
Ce n'est pas propre à l'Ariège, mais ici comme ailleurs, renseigne-toi avant d'acheter : ce que dit le plan d'urbanisme, ce qui est permis en habitat léger, ce qu'il faut pour accueillir du public. Et va voir la mairie tôt. Pas pour demander une faveur, pour qu'on te connaisse avant d'avoir besoin de quelqu'un.
Je veux aussi être juste : ce monde n'a jamais été un bloc. Après un de ces contrôles, un gendarme m'a écrit que tout était parfait, comme à chaque fois, et qu'il passerait nous voir un vendredi soir s'il trouvait quelqu'un pour garder ses enfants. Beaucoup de gens, jusque dans les administrations, nous regardaient avec respect.
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Les photos de l'Ariège sont prises en juin. Le reste de l'année, il y a la boue qui colle aux bottes, les chemins, le bois à rentrer, et la fatigue de l'hiver qui pèse sur tout le monde en même temps. C'est un détail tant que tout va bien. Quand un groupe traverse une crise, c'est ce détail qui fait la différence entre des gens qui ont encore des réserves et des gens qui n'en ont plus.
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Pendant qu'on construisait notre écovillage de zéro, des villages entiers se vidaient à quelques kilomètres. On n'a pas regardé : créer se raconte mieux que réparer. Aujourd'hui, je crois qu'il y a une autre voie, moins spectaculaire et plus solide : réinvestir l'existant. Une maison de village, une association, un café à rouvrir, un conseil municipal. Un village a déjà traversé des siècles sans disparaître. On n'y arrive pas en terrain découvert.
Dans un écolieu, on choisit ses voisins. Dans un village, on hérite. Et hériter, c'est apprendre à composer avec ce qu'on n'a pas choisi. C'est peut-être la vraie école du collectif.
La Coopérative Oasis tient une carte des lieux et publie leurs annonces. C'est le meilleur point de départ. Et avant de visiter, lis ce qu'il faut vérifier avant de rejoindre un écovillage.
Le collectif d'origine n'existe plus depuis 2025. Le domaine est habité par un nouveau projet, Bloom Hills, auprès duquel se renseigner. Toute l'histoire est sur cette page.
Ça dépend de la commune et de son plan d'urbanisme. Renseigne-toi en mairie avant d'acheter un terrain, pas après.
qui écrit ces lignes
J'ai cofondé l'écovillage de Pourgues et j'y ai vécu de 2017 à 2025. Aujourd'hui j'écris, je donne des conférences et j'accompagne celles et ceux qui veulent vivre en collectif sans s'y perdre.
avant de t'installer
La formation Rejoindre un écolieu les yeux ouverts t'aide à savoir où tu mets les pieds, et ce que tu y apportes. Six étapes, nourries de tout ce que Pourgues m'a appris.
Découvrir la formationOu le livre : Le Piège des Écolieux · vivre en communauté : ce qu'on ne dit pas